Une influence définitive.

L’alphabet Phénicien est considéré comme la source de l’écriture par lettres, en tout cas autour de la « mer verte », car il s’agit de premier exemple d’une collection de signes faciles à apprendre et à transmettre, dont les deux premiers sont une référence au dieu principal, Alouf et le second à sa maison, ou temple, Beth, ce qui nous indique que le terme alphabet veut dire « la maison du dieu ».
Alouf-Baal trouve sa maison
Autant dire que cette pratique de transcription de la parole par l’écrit est prise dès ses début avec un grand sérieux.
Ce qui n’est pas étonnant, si l’on considère avec quel componction pratiquaient les Égyptiens, qui furent via le Proto-Cananéen, leurs prédécesseurs et initiateurs.
- Une influence définitive.
- Une réputation si exécrable qu’elle en devient suspecte.
- Désunis pour presque tout
- Les symboliques
- La signification à son époque
- La formation des caractères
- Sa place dans la culture de l’écrit
- Les interactions avec les autres alphabets
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Une réputation si exécrable qu’elle en devient suspecte.
C’est une population qui se distingue comme civilisatrice de la Grande Mare presque close par les colonnes dites d’Hercule. Elle est formée de marins, courageux aventuriers commerçants, explorateurs et grands communicants sur les bonnes affaires à ne pas rater. Maîtrisant l’architecture navale, préoccupés de la sécurité de leurs navires et armés par des équipages compétents, ils ont longtemps formé l’une des premières forces navigantes.
Ils ont établi un nombre impressionnant de comptoirs commerciaux, partout où les ressources locales favorisaient le troc marchand, sous réserve que les conditions maritimes proposent la présence de mouillages abrités ou encore mieux, l’établissement de ports sûrs.

Adorateurs de Baal , ils lui faisaient dévorer leurs enfants premiers nés. Sans éducation, ils avaient des mœurs délétères, confondaient temples et lupanars. Et comme marins, même doués, c’étaient souvent des pirates et des pillards sans foi ni loi.
Ils se battaient entre eux, mangeaient des choses infâmes, si mal cuites que leurs remugles buccaux faisaient tourner le lait des chèvres, des brebis et même des petites vaches, d’où l’invention de certains fromages.
C’est ce qu’en disent, dans des versions nettement moins élogieuses, certaines pages choisies d’écrits anciens des peuples les ayant fréquentés. Les Romains les assimilaient à des Étrusques mal embouchés, puis à des Carthaginois infréquentables.
Une réputation que bien des historiens, jusqu’aux auteurs des bandes dessinées antiques les plus lues, ont colportée. Ce portrait, peu flatteur et possiblement exagéré, semble motivé par des considérations politiques telles que les disputes de territoires et de routes marchandes ou d’interprétations religieuses.
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- Une réputation si exécrable qu’elle en devient suspecte.
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Désunis pour presque tout

Les Phéniciens ont créé des cités prospères sur les côtes continentales et les îles de la Méditerranée. Ce n’est pas pour rien que l’on en appelle encore certaines « Phocéennes ». Leurs villes de la côte Est Orientale les plus célèbres sont Arados, Byblos, Sidon et Tyr.
Cette bande côtière présente d’immenses avantages géostratégiques pour toute route commerciale allant et venant entre l’Est sablonneux et l’Ouest maritime.
Ce territoire était, vers – 2 000 bien pourvu en réserves d’eau douce, en arbres et en victuailles de toutes sortes.
Opulents et ouverts aux voyages, les peuples qui ont constitué la Phénicie ont fondé et développé des comptoirs majeurs comme Carthage, sont passés en Atlantique et ont construit des ports de part et d’autre du détroit de Gibraltar. Leur influence se percevrait en Atlantique, jusqu’aux Açores et aux Canaries.
Leurs villes, si l’on en croit des traditions écrites par leurs adversaires, étaient farouchement concurrentielles. Chacune veillait sur ses routes commerciales vers l’Orient et n’hésitait pas à lutter contre les autres, en fonction d’alliances fragiles et de solides trahisons.
Un jeu plurimillénaire auquel les Perses, les Sumériens et les Assyriens se sont livrés afin d’obtenir des accès à la grande « Mer verte ». Enjeux des puissances structurées, les cités phéniciennes ou proto-phéniciennes ne se seraient pas proposées d’unir leurs forces pour ériger une « Phénicie Unie », conquérante militaire et administrative, comparable à celle des Sumériens, des Égyptiens, puis des Grecs et des Romains.

Leurs ambitions hégémoniques, s’ils en avaient, furent sans doute contrariées par des catastrophes naturelles, éruptions volcaniques, raz de marée et montée des eaux.
Ils furent défaits ville par ville, point par point et dépréciés ultérieurement comme négligeables sur les plans artistiques, politiques et religieux.
Cela explique pourquoi ils ont été effacés et dénigrés par leurs remplaçants, lesquels trouvaient pénible d’avoir à reconnaître que le rôle culturel déterminant des Phéniciens fut indispensable : la diffusion de l’écriture alphabétique dont ils sont les précurseurs reconnus.
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Les symboliques

Il subsiste de nombreuses incertitudes sur le Phénicien. Les noms des lettres sont ceux fournies par l’Araméen, sa date de stabilisation varierait suivant les études entre – 1400 et -1050.
A l’instar du Hiéroglyphique, chaque lettre est associée à une signification qui pourra être interprété suivant le cas comme une façon pratique d’en mémoriser la forme, ou comme une conséquence de croyances en vigueur lors de l’élaboration de la norme d’écriture.
Il est donc assez facile d’attribuer, ne serait-ce qu’à titre indicatif, une illustration à chaque lettre Phénicienne.
La symbolique Phénicienne est pourtant embarrassante car elle manque singulièrement de personnalité, surtout si nous la comparons avec des références Egyptiennes. Elle paraît neutre, aseptisée, dépouillée du sens sacré et violent si souvent associé aux marins alphabétiseurs.
Pourtant, cela commence fort : Aleph la première lettre, est une prononciation du dieu principal, Alouf qui serait similaire en importance et en puissance à Rà, lui aussi le premier dans son genre, représenté comme un scarabée, un taureau et surtout un soleil.
Décrit par les chroniqueurs sous la forme d’un taureau dévoreur d’enfants dans ses mauvais jours, un minotaure en quelque sorte, Alouf deviendrait un débonnaire bovidé, évocation de la force et du travail, une promesse d’abondance et de repas savoureux. Une telle sacralisation est partagée par bien des continents éloignés.
On note dans la liste des symboles, la présence d’un croc, d’un bâton, d’un serpent, d’un singe qui peut mordre, ainsi qu’un dromadaire, qui peut piétiner.

Au total, il n’y a rien de vraiment impressionnant, justifiant la réputation tumultueuse des Phéniciens.
Les lettres du premier alphabet ont-elles été expurgées de leurs significations symboliques originelles, pour adopter des désignations désacralisées ?
Une analyse de communication politique nous fait penser qu’il aurait été contre-indiqué pour les sociétés qui ont diffusé l’alphabet, en grande partie pour écrire leurs propres religions, de reconnaître s’être inspirées de cette société ancienne, dont les croyances et les pratiques furent rétroactivement chargées d’interdits et honnies.
La signification à son époque
Ce qui explique que depuis cette édulcoration, l’apprentissage de la lecture et de l’écriture ne provoque aucun cauchemar spécifiquement lié à la signification des lettres !
Le Phénicien est ancien, il a été défini vers – 1 600, à partir du Proto-Cananéen. La formalisation de cette écriture pré-alphabétique s’inscrirait pour sa part dans on intervalle compris entre -2 200 et – 1 800.
Il est compliqué de fixer une date exacte, car il n’apparaît pas qu’un événement majeur, politique ou naturel, documenté de façon claire, ait présidé à sa création.
Nous avons quelques hypothèses, basées sur l’analyse des besoins et des opportunités, que nous développons par ailleurs.
- Une influence définitive.
- Une réputation si exécrable qu’elle en devient suspecte.
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- Les symboliques
- La signification à son époque
- La formation des caractères
- Sa place dans la culture de l’écrit
- Les interactions avec les autres alphabets
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La formation des caractères

Nos écritures descendent en ligne droite du Phénicien. Si les formes des lettres ont changé, leur sens et positions, une fois réalignées en ordre alphabétique sont restées.
Il subsiste de nombreuses incertitudes sur le Phénicien. Les noms des lettres sont ceux fournies par l’Araméen, sa date de stabilisation varierait suivant les études entre – 1 400 et -1 050. Parmi les quelques traces d’inscriptions en Phénicien, l’une d’elles est datée de – 1 200. Pourtant, s’il est admis que l’alphabet Phénicien est dérivé du Proto-Cananéen, il resterait une période d’ombre de 800 ans entre leurs formalisations.
Sa place dans la culture de l’écrit
Nos écritures descendent en ligne droite du Phénicien. Si les formes des lettres ont changé, leur sens et positions, une fois réalignées en ordre alphabétique sont restées.
Il subsiste de nombreuses incertitudes sur le Phénicien. Les noms des lettres sont ceux fournies par l’Araméen, sa date de stabilisation varierait suivant les études entre – 1 400 et -1 050. Parmi les quelques traces d’inscriptions en Phénicien, l’une d’elles est datée de – 1 200. Pourtant, s’il est admis que l’alphabet Phénicien est dérivé du Proto-Cananéen, il resterait une période d’ombre de 800 ans entre leurs formalisations.
Que s’est-il passé pendant cette période ? Des guerres, des conquêtes, des replis, des échanges peu culturels ?
Une question se pose en parallèle : en raison de leurs multiples liens et influences avec d’autres sociétés, pourquoi les Proto-Cananéens puis les Phéniciens n’ont-ils pas choisi d’adopter un autre système de graphies permettant tout aussi bien de composer des mots : le cunéiforme ?
Un ouvrage complet serait à consacrer à cette question particulière. Il est possible que la façon de former les constituants de lettres et chiffres à partir d’un nombre limité de signes, dont le nombre et les dispositions sont les indications de sens, ait paru plus confuse que l’alphabet avec lequel les mots sont assemblés par syllabes via un nombre restreint de signes distincts.
Il est tout aussi possible que le cunéiforme ait été l’écriture importée par des envahisseurs tenaces, avides des richesses de la bande côtière Orientale de la Méditerranée et surtout de sa position stratégique en faisant un lieu si désirable de transbordement entre les longues caravanes terrestres et les flottes commerciales.
Les interactions avec les autres alphabets
L’alphabétique autorise tous les écrits, depuis les livres d’histoire aux registres de comptes et bien sûr les citations explicites aux frontispices des établissements sacrés recevant du public. Il est plus facile d’écrire en alphabétique sur des supports variés, des plus souples aux plus durs.
Que cela soit en raison d’influences politiques, d’invasions ou de choix esthétiques, les ancêtres des Phéniciens se sont emparés de l’alphabétique et l’ont diffusé sur les vastes surfaces humides et torrides qui leur servaient de terrain d’expansion économique et culturelle.
Dans la riche descendance Phénicienne, nous trouvons au moins trois branches prestigieuses : celle du Grec, de l’Étrusque et de l’Araméen.
En comparant le Phénicien et le Proto-Cananéen , nous observons la parenté des symboles.
Esthétiquement, nous constatons sur les vingt signes comparés, des changements d’axes, des rotations, des graphies plus tendues, l’ajout ou la suppression de détails.

- Une influence définitive.
- Une réputation si exécrable qu’elle en devient suspecte.
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