En 20 signes principaux, ce ne sont pas encore des lettres, mais se ne sont plus des hiéroglyphes, c’est autre chose, encore des gribouillis, mais plus que des graffitis, ils sont les ancêtres du Phénicien, tout en étant les descendants des graphies du linéaire Égyptien, figés bien opportunément à un moment clef de l’histoire.

La vérité est chez Hathor ?

Ce n’est pas un mystère, en écriture comme dans toutes les autres domaines culturels, l’invention ex-nihilo est une vue de l’esprit : il existe toujours une source d’inspiration, une idée, un élément descriptif, visible ou non, un modèle matériel, parfois animal ou végétal, qui finit par être transposé, plus ou moins rapidement en un système utilisable. Pour ce qui est de l’écriture, étant elle-même la transposition du verbal, puis du dessin, il est logique que ses utilisateurs tentent de la simplifier, dans un but simple : la liberté de conserver une expression.

  1. La vérité est chez Hathor ?
  2. Serabit al-Khadim, Lieu Brouillon.
  3. Une Souplesse Incomparable.
  4. Belles Lettres et Vilains Signes.
  5. La révélation se fit, scintillante et implacable.
  6. Les philologues et l’artefact
  7. La formation des caractères
  8. Les interactions avec les autres alphabets
  9. Les valeurs et symboles associés
  10. Sur le même thème.

Serabit al-Khadim, Lieu Brouillon.

En cherchant bien, nous trouverons un petit endroit désert, aride et sablonneux, resté longtemps considéré comme insignifiant et mineur par sa taille comme par son activité, modestement appelée la « Montagne du serviteur ».
Son point d’intérêt fut la double présence d’une extraction de turquoise et celle d’un temple dédié à Ator, déesse Égyptienne de la beauté, de l’amour et justement des jolies pierres bleues.
C’est un site isolé dans le Sinaï, loin des villes de Basse-Egypte et séparé des villes de la côte Est Méditerranéenne, dite la côte Orientale par un long et pénible désert.

Une montagne, même timide n’en reste pas moins un élément remarquable pour les caravanes.
Ainsi, aux alentours de -2 800 ans avant notre ère , elle devint un lieu de rencontre et d’échanges. Un croisement de routes en fit un point de ralliement pour les commerçants du Nord et ceux du Sud et de l’Ouest.

Géographiquement, c’est un carrefour pratique, qui favorise les contacts entre des populations qui ne sont pas franchement acceptées les unes chez les autres, ce qui ne les empêche pas d’avoir des choses à se montrer, à s’échanger, à valoriser.
Comme il est de coutume en matière de commerce, dont l’étymologie signifie « qui rapproche les êtres », la « Montagne du Serviteur », favorise les réunions lucratives de voyageurs ayant des habitudes et des langues différentes.

Une Souplesse Incomparable.

Les marchands utilisent des tablettes pour inscrire les chiffres, la numération et l’écriture Assyriennes sont vraisemblablement utilisées à profit. Mais comme elles émanent de concurrents directs des Égyptiens, ces derniers ont dû les juger insuffisantes.
Elles ne sont pas bien adaptées à la description détaillée des biens et des valeurs. Compter est une bonne chose, encore faut-il préciser de quoi il s’agit. Ce qui pose un problème pratique. Il se trouve que si les peuples marchands sont entreprenants, ils ne sont pas vraiment lettrés et encore moins des scribes.
N’importe quel voyageur de cette ère vous le confirmerait : apprendre l’égyptien, si l’on vient sans intention d’ouvrir une succursale, ce n’est pas vraiment engageant dès que l’on passe à l’écrit.
Le hiéroglyphique est une affaire ancienne, on en trouve les premières traces sur la fameuse « tablette de Narmer » un roi mythique ayant déjà le souci de documenter ses actes.
Dès les débuts, les Égyptiens voient grand, ils utilisent des parois monumentales surplombant les gorges du Nil de la Haute Égypte, les datations varient entre – 6 000 et – 5 500 ans, soit deux millénaires avant la dynastie ayant édifié les grandes pyramides.
C’est du haut de 80 siècles que nous contemplent les penseurs Égyptiens qui commencèrent la mise au point du hiéroglyphique, l’une des écritures les plus nuancées et poétiques qui ait existé.
Près de quarante siècles plus tard, elle se superposera avec deux écritures plus simples, le linéaire et le démotique.

  1. La vérité est chez Hathor ?
  2. Serabit al-Khadim, Lieu Brouillon.
  3. Une Souplesse Incomparable.
  4. Belles Lettres et Vilains Signes.
  5. La révélation se fit, scintillante et implacable.
  6. Les philologues et l’artefact
  7. La formation des caractères
  8. Les interactions avec les autres alphabets
  9. Les valeurs et symboles associés
  10. Sur le même thème.

Belles Lettres et Vilains Signes.

Pendant des millénaires, cette partie du Sinaï, pourtant riche en spiritualité, fut regardée comme vide d’intérêt pour l’archéologie matérialiste qui produit des objets d’exposition, ce qui ne lui attira aucune expédition structurée avant que l’exploration aux fins de connaissances ne devienne un vrai sujet.
Le 19ème siècle, le renouveau de l’Égyptologie, activité très coûteuse, se consacra à exploiter des ressources paraissant inépuisables : Guizèh, Louxor et la Vallée des Rois. Nous devons remercier les archéologues inspirés qui décidèrent, un beau jour de 1905, d’aller travailler sur cet endroit peu réputé pour son climat ou son paysage, au lieu de retourner sur un site bien exploré.
Cette équipe était dirigée par Hilda Petrie et son époux, Sir Williams Matthew Flinders Petrie, un couple Britannique de savants géniaux, pas des « tomb raiders » , contrairement à nombre de leurs contemporains de toutes nationalités, dont certains sont restés célèbres comme les aventuriers du pillage vénal.
À eux deux, avec leurs équipes méritantes, ils ont identifié, découvert, fouillé, classifié et documenté un nombre considérable des plus belles découvertes de leur époque.
En 1905 ils n’ont rien à prouver et se piquent d’approfondir leurs vastes connaissances. Ce qui explique qu’ils s’autorisent à faire preuve d’un brin d’originalité. Risquer de perdre leur temps sur un site mineur n’est pas un problème : quoiqu’il arrive, leur réputation n’en souffrira pas.

Sans les travaux de la plus célèbre équipe d’Égyptologues du début du 20ième siècle, il aurait peut être fallu attendre des décennies pour découvrir et identifier ce chaînon étrange et essentiel dans l’histoire de l’écriture. Leur quête est intellectuelle, ils souhaitent trouver des traces d’activités autour de la turquoise et mettre au jour un temple de la déesse Ator, divinité protectrice d’une belle importance en Basse-Egypte.

Bien qu’habitués aux découvertes majeures et aux réussites de leurs travaux, ils furent servis au-delà de leurs rêves les plus fous, d’une façon inattendue : sur quelques murs et des morceaux de poteries, des signes étaient gravés, des hiéroglyphes !
Ce qui était potentiellement attendu pour l’endroit. Détail troublant, ils étaient si moches et si bruts, qu’ils ne pouvaient avoir été la production d’un authentique scribe, même myope et en état d’ébriété avancée. S’il n’y avait eu que quelques fragments, un nombre d’exemples restreints, les archéologues et les linguistes auraient pu conclure à une blague, la tentative assez médiocre d’un étranger de se lancer en amateur dans le hiéroglyphe.

Nota : il est fort regrettable que Flinders-Petrie soit aussi connu pour les points de vue raciste et eugénistes qu’il développa dans ses vieux jours. Cela n’empêche pas de lire ses travaux considérables, en ayant à l’esprit le paradoxe navrant qui consistait pour lui à chanter les mérites du peuple Africain antique qui bâtit l’Egypte tout en dénigrant ses origines. Une faute de raisonnement qui confine au crime contre l’esprit.

  1. La vérité est chez Hathor ?
  2. Serabit al-Khadim, Lieu Brouillon.
  3. Une Souplesse Incomparable.
  4. Belles Lettres et Vilains Signes.
  5. La révélation se fit, scintillante et implacable.
  6. Les philologues et l’artefact
  7. La formation des caractères
  8. Les interactions avec les autres alphabets
  9. Les valeurs et symboles associés
  10. Sur le même thème.

La révélation se fit, scintillante et implacable.

Nous avions là les premiers mots et phrases écrits par des analphabètes !
Qui ne le sont pas restés. En inventant un ensemble cohérent de signes prononçables, ils cessèrent d’être des illettrés. Respectable performance pour des marchands itinérants, laborieux et endurants.
Il n’en reste pas moins que la démarche des familiers de Ator fut révolutionnaire, au moins pour ceux qui retournaient chez eux. Les ancêtres des Phéniciens et de quelques autres peuples, firent passer l’écriture de l’expression par succession de syllabes, illustrées et ponctuées, à la construction de mots grâce à une petite collection de sons.
En reconstruisant les syllabes avec des lettres, il devint plus facile d’écrire, ce qui est bien et d’apprendre la lecture, ce qui est encore mieux. Cette méthode pratique fit, en quelques siècles son profit dans le Nord, l’Ouest et l’Est Méditerranéen par presque tous les peuples le long des grandes routes marchandes, jusqu’en Asie.

Les philologues et l’artefact

A ce moment précis de l’histoire, deux noms nous viennent à l’esprit, de jeunes égyptologues œuvrant dans l’orbite des Flinders-Petrie à Serabit Al Khadim. L’un, Alan Henderson Gardiner va travailler sur les abords du temple et relever, l’autre, Margaret Murray travaille plus particulièrement avec Dame Hilda dans l’intérieur. Leurs découvertes seront autant des graffitis que des objets, que l’on aurait pu qualifier de détritus de poteries, mais aussi, un et un seul artefact assez ouvragé pour être compris comme une petite statue consacrée à une divinité non égyptienne. Ce qui permet de qualifier les inscriptions qui la revête de « post hiéroglyphique » et surtout d’écriture non syllabique !

La formation des caractères

Il existe plusieurs version esthétiques des signes retrouvés à Serabit-Al-Khadim ou sur d’autre lieux dotés de traces d’une première écriture non syllabique. Le nombre de caractères évolue aussi en fonction des découvertes. Pour tenter d’être synthétiques, nous nous concentrons sur la recherche de signification de 20 d’entre eux, ceux qui sont les plus probables ancêtres de l’alphabet Phénicien et ainsi du Grec et du Latin.
S’il n’existe pas à ce jour de nommage des caractères, cela pourrait changer à moyen terme, car notre hypothèse est que chaque signe était la transposition d’emblèmes de divinités connues.

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  3. Une Souplesse Incomparable.
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  7. La formation des caractères
  8. Les interactions avec les autres alphabets
  9. Les valeurs et symboles associés
  10. Sur le même thème.

Les interactions avec les autres alphabets

En superposant le Proto-Cananéen et le Phénicien, la comparaison, au moins esthétique est une source de fascination, tant les ressemblances sont flagrantes. En reconstruisant les syllabes avec des lettres, il devint plus facile d’écrire, ce qui est bien et d’apprendre la lecture, ce qui est encore mieux.
Cette méthode pratique fit, en quelques siècles son profit dans le Nord, l’Ouest et l’Est Méditerranéen par presque tous les peuples le long des grandes routes marchandes, jusqu’en Asie.
Sauf par les Égyptiens.

Les valeurs et symboles associés

Du Latin au Proto-Cananéen, un plongeon dans le passé, plus de deux millénaires séparent les « lettres des sables » et des caractères les plus familiers. Toutefois, on observe des similitudes remarquables dans certaines formes, à condition d’accepter les rotations et les simplifications graphiques.

Ce qui est amusant dans cette série de caractère est qu’elle ne nous dit rien sur elle-même, sauf bien sûr à considérer qu’il s’agit des « Lettres Données », obligeamment sélectionnées par les Égyptiens pour communiquer avec leurs : prisonniers, esclaves, clients, fournisseurs, serviteurs…

La question qui s’est posée aux découvreur de cette suite, rappelons que nous nous contentons des 20 caractères formant le premier alphabet Latin, a bien entendu été de les rapprocher avec des hiéroglyphes connus.

Et tout à coup, après une petite recherche guidés par les éminents grammairiens que furent en particulier Jean-François Champollion, Young, Flinders-Petrie, Gardiner, qui ont établi les origines probables de certains caractères, nous somme en mesure d’énoncer que tous les caractères présentés comme des « lettres » sont en fait des hiéroglyphes simplifiés.

Et nous en avons retrouvé les divins propriétaires

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  8. Les interactions avec les autres alphabets
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