Engendrés par Rà puis auto-reproduits.

Rà ne veut pas rester seul ou exclusivement en présence de ses autres lui-même. Doté d’un tempérament créatif, il lui est loisible d’avoir une fille et un fils, un premier exemple de gémellité sexuée hétérozygote volontaire. Elle et Lui, il les fit. Et en plus il leur donne des noms distinctifs, Tefnout et Shou.
Une déesse et un dieu naissent ensemble, ce qui les conduit à inaugurer une tradition familiale lourde de sens et de conséquences, en devenant épouse et époux, qui entreprendront aussitôt de se reproduire en mettant au monde un fille, Nout et un fils, Geb, les premiers divinités à être nées, tout au moins de façon biologiquement compréhensible, n’incluant ni scissiparité ni développement d’une excrétion ou d’une partie charnue de leur ascendant.
Les divins Égyptiens ne se préoccupent pas de consanguinité. A la difficulté que rencontrent la plupart des récits primordiaux à évoquer pudiquement la reproduction des premières générations d’êtres vivant bisexués, Rà va répondre benoitement par l’inceste entre collatéraux et éventuellement entre générations.
Celles et ceux, un peu moins divins, qui assureront la conduite des affaires auraient pu s’en tenir à la mystique, sans trop prendre les choses au pied de la lettre, mais non, la marque intangible de centaines de générations de dirigeantes et dirigeants sera de perpétrer cette pratique entre humains, comme le parfum éternel de l’essence divine, qui se manifestera invariablement par de gros soucis de santé pour les lignées les plus durables.
La routine s’installe ainsi avec Shou et Tefnout et ne s’éteindra qu’avec Cléopâtre VII, qui épousera successivement ses deux frères Ptolémée, tout en faisant le bonheur que plusieurs éminents Romains.
- Engendrés par Rà puis auto-reproduits.
- Shou, torride premier dieu-pharaon.
- Tefnout, Identifiée Par Un Soleil.
- Geb, terrien prolifique.
- Nout, Voute Maternelle.
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Shou, torride premier dieu-pharaon.
C’est le premier des dieux masculins, frère et époux de sa sœur Tefnout, première fille de Rà. Shou sera le digne auxiliaire de son papa, le prototype des rois divins et à ce titre, l’un des éléments primordiaux.
Il est l’air sec et brûlant du désert. Ce qui s’interprète comme le feu dans la grille de classification des éléments basiques.
L’un de ses hauts faits sera de ramener sa sœur et épouse à la raison et au sein du milieu familial. Tefnout était partie en mode destruction folle contre les humains moqueurs. Un épisode haut en couleur qui illustre le fort caractère des déesses dans la famille première de la Haute-Egypte.

En tant que lettre, il est présenté comme un angle aigu disposant de petits traits en Proto-Cananéen, ce qui figure le tronçon bas d’un personnage résumé par ses jambes et ses pieds. Ces derniers seront perdus en Phénicien.
En hiéroglyphique linéaire la silhouette aux jambes écartées se complète avec le corps, la tête et les bras levés. Il est pour cette raison interprété comme l’homme debout, une formulation qui signifie souvent l’adoration, la joie, ou la joie d’adorer.

Pour les Araméens L et les Nabatéens l, il est le Gamal, ce qui veut aussi dire le chameau, un vecteur sobre et poilu important pour les peuples de commerçants parcourant les longues routes sablonneuses de l’Est et du Sud.
L’animal est fascinant pour ses qualités physiques et son caractère comme pour ses compétences de voyageur. Il est aux enfants de Aram ce que les navires sont à ceux de Tyr, un vaisseau.
En Grec, le Gamma laisse un peu perplexe, le nom est proche de la racine Phénicienne et la forme semble avoir subi un pivotement d’un quart de tour vers la gauche avec une mise à l’équerre des traits, ce qui nous fournit un L.
Il existe ainsi un trouble de quelques centaines d’années, du Phénicien au Grec classique pour identifier ce signe. La meilleure proposition du Grec Archaïque est le lambda, dont le nom a donné l’équivalent du L.
Avec l’histoire de ce caractère rien n’est simple, car si l’on sait que le digamma a pu être pris comme F, le gamma simple aurait donné le G, qui arrivera avec le latin classique.
Les Étrusques sont proches de la forme Phénicienne et lui appliquent une rotation que les Latins décideront de retourner, ce qui aboutit au L. La lisibilité l’emporte depuis lors sur la tradition.
Premier des Roi-Pharaons Divins, Shou est l’air sec et torride, le roi du désert et de la chaleur, il est l’élément feu, le délégué de Rà pour de nombreuses missions ardentes.
À la demande du soleil vivant, il crée un peu d’espace entre ses propres enfants, la seconde génération qu’il a conçu avec Tefnout, afin de laisser de la place pour que se développe l’humanité.

- Engendrés par Rà puis auto-reproduits.
- Shou, torride premier dieu-pharaon.
- Tefnout, Identifiée Par Un Soleil.
- Geb, terrien prolifique.
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Tefnout, Identifiée Par Un Soleil.

Elle est présentée comme une femme à tête de lionne, coiffée d’un disque solaire attestant de son ascendance et illuminant sa silhouette.
Tefnout est connue par les Égyptiens sous le nom de Sekhmet, forme furieuse de l’immensément célèbre Bastet la paisible et protectrice divinité à tête de chatte. Dans les premiers rapports la concernant, Tefnout est une grande rebelle, tout d’abord violente et dévastatrice, incontrôlable comme une crue sauvage.
De sa présentation hiéroglyphique comme la déesse debout coiffée du soleil royal, le linéaire va simplifier largement pour ne conserver qu’une évocation des membres et un trait horizontal. Le soleil sera éclipsé pendant longtemps, à partir du Proto-Cananéen I, qui devient le Phénicien Sàmekhi, ou encore poisson. Il faut attendre le Latin bicaméral pour que l’on retrouve un point sur le i. Une étrange réminiscence ?
En conséquence, il est difficile de distinguer un I majuscule d’un l minuscule ou d’un | séparateur, ce serait nettement plus aisé si l’on mettait les points sur tous les I !
En Araméen et en Nabatéen Semkah veut dire appui. Le sens et la forme paraissent éloignés du Phénicien, le nom reste similaire à l’Egyptien Sekhmet, ce qui pourrait s’expliquer par des choix pratiques tel qu’éviter le risque de confusion avec d’autres lettres droites.
En grec aussi, depuis Sàmekh, deux graphies ont divergé. Nous la retrouvons dans l’ancien Xi et comme l’Iota moderne un peu comme si les traits horizontaux s’étaient séparés de l’axe vertical.
Les branches d’écritures Étrusques puis Latines sont proches de la graphie des origines : une silhouette droite, appuyée et surmontée d’un petit trait.


Elle est très puissante quand elle se fâche et se conduit comme une furie aux confins du royaume et chez des peuples étrangers. Elle sème la mort et la destruction sans retenue, à tel point que Rà exige de son fils Shou qu’il ramène sa sœur à la raison et à la maison.
Ce qu’il fait en traquant la déesse lionne et en lui offrant un bon repas de réconciliation pendant lequel il l’abreuve autant que possible, soit de façon immodérée. S’ils boivent de la bière, ils n’en restent pas moins divins.
Éméchée et provisoirement décoiffée, Tefnout s’endort dans les vapeurs de l’alcool. Quand elle se réveille, elle est plus calme et devient une déesse paisible et protectrice.
Elle se voit attribuer par Rà la mission d’incarner l’humidité douce et créatrice, la rosée du matin, l’eau en suspension dans l’air, en miroir de Shou qui est l’air chaud. La lettre, I est utilisée pour symboliser les poissons dans certaines mystiques, ce qui est une restriction de sens, car Tefnout, grande féline protectrice des matous (es), est le symbole de l’élément eau pour les Egyptiens.
Tout se réunit en un sens, les chats n’aiment pas tant que cela l’eau quand il s’agit de se mouiller, en contrepartie ils adorent les poissons.
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- Shou, torride premier dieu-pharaon.
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- Geb, terrien prolifique.
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Geb, terrien prolifique.

Fils de Shou et Tefnout, frère et mari de Nout, il est un cas particulier dans la famille. Au premier abord, Geb ne fait pas grand-chose pour être pris au sérieux. Il passe son temps allongé, couché sous son épouse à tenter de lui faire des enfants.
En hiéroglyphique, sa représentation passe au linéaire par une édulcoration de ses membres et une simplification de sa silhouette. Il deviendra la juxtaposition sommaire de deux triangles aux pointes inversées qui apparaît lors de la transition en Proto-Cananéen, le dalet.
Encore plus épurée, la conservation d’un seul triangle donne le delt Phénicien symbole de la porte, dont le delta Grec est l’héritier direct. L’araméen et le Nabatéen Dalàth, partagent le même nom et la même symbolique que le Phénicien, sans pour autant lui ressembler.
En Etrusque il reprend la forme Phénicienne en arrondissant les angles. Ce signe, en miroir donnera le latin archaïque puis le D classique.

C’est le dieu-tutélaire de la terre en tant qu’élément primordial.
Il n’est pas un dieu terne et sans intérêt, il prend des initiatives heureuses qui en font l’un des tout premiers roi-dieu unificateur de la Haute-Egypte.
Il est un peu malheureux dans certains cas. Lorsqu’il dérobe l’Uræus de Rà pour maîtriser son propre fils Seth, l’arme magique le brûle, le forçant à être le premier porteur de perruque. Il lui faudra donc pas mal d’humour pour supporter les conséquences de ses mésaventures, d’autant plus que Seth continuera à faire le malin.
Puissant Pharaon, successeur de Shou, Geb a le fou rire intempestif et déclenche ainsi des séismes. Les Égyptiens le vénéraient pour tout ce qui se cultive et produit les fruits, les céréales, les légumes, les fleurs, les épices, les bois, les champignons et les algues d’eau douce.
- Engendrés par Rà puis auto-reproduits.
- Shou, torride premier dieu-pharaon.
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- Geb, terrien prolifique.
- Nout, Voute Maternelle.
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Nout, Voute Maternelle.
La forme la plus emblématique de Nout, celles des grandes peintures sacrées anciennes, est une femme habillée d’étoiles scintillantes, s’arquant en pont au-dessus de Geb au moment où leur père, Shou, les sépare. Nout est le ciel pour les Égyptiens ancestraux, ce qui en fait l’élément air, le pendant de la terre attribuée à son époux Geb.
Elle est l’arche bienveillante sous laquelle passe Atoum-Rà dans sa barque avant d’entamer le voyage nocturne qui précède son retour à la vie et la lumière.

Nout, fille de Tefnout et de Shou, petite-fille de Rà, sœur et épouse de Geb, voûte étoilée déesse de l’air, s’écrit en formes courbes, depuis la première figure la présentant en hiéroglyphique puis en linéaire.
L’interprétation du Qoph Proto-Cananéen devient le Qôph Phénicien, soit le singe, qui, vivant dans les arbres est souvent considéré comme la représentation de l’aérien, le ciel, l’air.
L’Araméen et le Nabatéen Qoph sont des références à la nuque, ce qui est éloigné de l’air. Une allusion à celle de la déesse Égyptienne, dont la nuque est courbée lorsqu’elle se penche sur ses enfants ?
Une autre interprétation en fait la moitié du signe Phénicien, l’arrondi surplombant un trait devenant alors un simple demi-cercle. Un rond tracé plus directement évolue en Qoppa Grec qui devient le Koppa classique une fois l’unification alphabétique Grecque en vigueur.
Pour les Etrusque, la lettre ressemble un peu au 8, il reprend une esthétique proche du Proto-Cananéen et se distingue de son équivalent Grec Archaïque.
Par contre, le Latin sera proche du Grec, n’utilisera qu’une seule circonférence pour finir par adopter l’équivalent Grec classique. Chose surprenante, lorsque cette lettre Latine se dédouble pour donner le G, celui-ci ressemble étrangement à la silhouette de Nout, pivotée.


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