L’être Du Manège.
Que l’on pratique ou non l’équitation, cette série de lettres indispensable et passionnante nous intrigue. Nous passons devant en les lisant automatiquement, sans percevoir leurs parfaites positions, sans nous attarder sur leurs réelles significations.
Dans un sens,
A F P B R M C G I D L D K V E S H
Ou dans un autre,
A D L X I G C M R B P F H S E V K
Et
A F D K V L P B X E S I R M G H C
Si l’on veut en zig-zag,
Ces 17 lettres ornent ces écrins de tous les efforts qui conduisent à l’équitation : les manèges équestres.

Avec les carrousels et les carrières, ils forment les hauts lieux d’apprentissage où les humains communiquent avec les équins en espérant qu’à force d’entraînement, de compréhension et de patience aimante, les actions des uns se transforment en réactions de la part des autres et réciproquement.
- L’être Du Manège.
- Cas unique dans le dressage : la binomie.
- Depuis les parois des cavernes.
- Un mystère en six parts.
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Cas unique dans le dressage : la binomie.
Le manège est l’activité équestre qui nous fascine. Non que l’on néglige les mérites de la course et du saut, des jeux ou de celles des randonnées et des cavalcades. Chaque pratique requiert les mêmes immenses qualités de constance, d’audace et de précision tant de la monture que de l’écuyère ou écuyer.
Le manège est le lieu où se donnent les reprises de dressage, souvent considérées comme l’un des plus beaux spectacles équestres qu’il soit donné à voir, en particulier lors des grandes compétitions.
Cette forme de communion entre l’animal et l’être humain est exceptionnelle, il n’existe aucun autre sport ou activité artistique, même dans les plus beaux cirques qui puisse rivaliser en termes de difficulté et de durée, d’espace d’évolution et de variété de postures et d’enchaînements.
Il y a bien sûr d’autres pratiques de dressage étonnantes, mais on ne pratique pas celui des grands félins en montant sur leur dos, ni celui des éléphants en leur faisant exécuter des courbettes.

Pour des raisons techniques et alimentaires, leurs pratiques sont nettement moins populaires que l’équitation.
Il ne saurait par exemple être question de confier des tigres, même petits, à des enfants de 7 ans pour leur apprendre à changer de pied ou à volter dans un sens ou dans l’autre, ce que nous n’hésitons pas à faire avec des poneys.
La fréquentation régulière des équidés est plus facile car l’on trouve presque toujours un centre équestre à quelques kilomètres de tout lieu d’habitation humaine, ce qui n’est pas le cas des réserves de fauves ou de pachydermes.
Depuis les parois des cavernes.
Les arts équestres sont si anciens que leurs codes et leurs méthodes semblent s’enraciner dans la nuit des temps, lorsque les étoiles brillantes dans un ciel sombre inspiraient les artistes des fonds de cavernes.
Les ancêtres des équins et des Sapiens se sont alors concertés pour décider si, à l’instar des ex-loups et des tout petits félins, une cohabitation mutuellement fructueuse pouvait s’établir entre eux, en dépit tout autant qu’à cause, de grandes divergences dans leurs régimes alimentaires respectifs.
Il aura fallu du temps et de la patience avant que les rôles de montures et de cavaliers ne s’affinent, par l’entraînement, la répétition et la régularité dans la précision.
Une reprise de manège est devenue en quelques milliers d’années, le chiffre est imprécis, une chorégraphie puissante mais gracieuse pendant laquelle le couple » centauriforme » décrit des orbes, des figures et des liaisons dans un espace restreint sous les regards admiratifs autant des connaisseurs que des béotiens, car s’il est bien un spectacle qui ravit l’imagination et éveille une compréhension innée de ses qualités, c’est bien celui qui démontre la complicité millimétrique entre l’humain et le cheval.

En combien de temps, comment et par qui nous sont venues de telles techniques qui convertissent un animal fougueux et indépendant en un partenaire attentif et si soucieux de bien faire ?
Les chevaux sont sensibles, d’une façon générale, aux personnes, aux ambiances et à l’énergie qui s’en dégagent. Ils aiment aussi les récompenses et les compliments, spécialement les applaudissements. Un bon cheval de concours est souvent un peu cabot !
Pour en arriver là, ou plus simplement pour améliorer ses compétences, l’équin et l’humain, très souvent l’humaine, vont devoir passer beaucoup de temps entre les parois d’un outil d’une très grande banalité.
- L’être Du Manège.
- Cas unique dans le dressage : la binomie.
- Depuis les parois des cavernes.
- Un mystère en six parts.
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Un mystère en six parts.
Un rectangle allongé, plus ou moins grand, sur un sol raisonnablement meuble qui se creusera au long du passage répétitif des chevaux, au pas, au trop et au galop, avec ou sans les étriers, dans un sens ou dans l’autre, avec des diagonales, des virages, des changements d’allure et en toute fin un arrêt pour desseller à l’endroit prévu.
Or, pour que ces évolutions soient élégantes, l’équitation impose qu’elles soient précises et respectent des écarts, des points de passage, des actions remarquables, à des endroits déterminés par leurs marques.
Le manège est bien connu, mais telle une mystérieuse cassette ou un plateau mythique, ce dispositif reste étrange dans sa forme comme dans son décor. Il ne nous parle pas, il nous écrit, éveillant une curiosité avide de réponses à nos interrogations :
Nous avons six questions à nous poser, au minimum, pour tenter d’en savoir plus sur le manège équestre.

Qui a rédigé cela ?
A quel moment de l’histoire ?
Pour nous dire quoi ?
Pourquoi l’avoir fait ainsi ?
Pour répondre à quel besoin ?
Et enfin où ?
Bonus : Comment est-ce parvenu jusqu’à nous ?
Bien entendu, les explications trouvées devront être complètes et les plus crédibles possibles dans l’exposé de la combinaison de leurs motivations. Notre quête est double puisqu’elle scrute les histoires intriquées de l’équitation et de l’écriture.

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