A question simple, pas de réponse.
C’est un sol dur si l’on considère ce que nous savons vraiment de l’histoire du manège et c’est impérativement une surface souple pour que nos compagnons à crinières ne souffrent pas.
La question qui se pose est : quelle en est l’origine ?
C’est aussi simple que de demander à un ferronnier comment fut forgée la première enclume, à une chirurgienne qui a inventé le scalpel, ou à un cuisinier comment est venue l’idée de la mayonnaise. Lorsque l’on émet cette interrogation innocente dans le monde équestre, la réponse en retour est évasive. « C’est comme cela que l’on fait » précède le complément « depuis toujours », avec en variante : « les Prussiens, les Autrichiens, ou les Espagnols, ou les Anglais, au XVIIe siècle ».
Pendant cette période de l’histoire en Europe, tout explose du fait des poudres. Les armures tombent et les montures s’affinent, l’éducation équestre doit donc s’adapter aux nouvelles tactiques militaires. Les grands pays guerriers, souvent constitués de provinces hétérogènes ressentent le besoin de normaliser l’enseignement sur leurs territoires.

Pour avoir une idée de l’évolution, tumultueuse, de la formation à l’art équestre de guerre, il est recommandé de lire le résumé de l’histoire de l’École de Saumur.
Le Blindage Ne Fait Plus l’Affaire.
Pour la plupart des pays Européen équestres, les grandes batailles du passé, celles de la période dite du Moyen Age ont été surtout celles d’exploits de chevaliers méritants, dévoués à leur cause, fonçant à travers les champs et les fantassins pour porter l’estoc de leur lance de toute la puissance que leur conférait l’addition de leur masse biologique avec celle de leur destrier.
On imagine donc le chevalier comme une sorte de catcheur médiéval, gros gabarit pour son époque, auquel il faut ajouter entre 30 et 45 kilos d’armures, de caparaçons, de protections diverses et d’armements variés.
Les races de chevaux capables de supporter le poids, la violence et la dureté d’une vie de destrier seraient de ce fait très typées.
La monture se devrai d’être massive mais assez vive, courageuse et pourtant placide, endurante et pourtant rapide, moins qu’un cheval léger bien sûr, mais assez pour acquérir de l’énergie cinétique, l’une des tactiques les plus appréciées étant, en guerre comme en démonstration de se précipiter face à face vers un autre équipage tout aussi lourd.
On pourrait penser que ce type de pratique manquait singulièrement de finesse. Mais pas de noblesse, elle y était même étroitement associée, la force et le courage palliant le défaut de subtilité, la ligne droite étant toujours le chemin le plus court vers le choc frontal.
Nous pouvons toutefois être sûr que de très nombreuses sophistications avaient court. D’une part parce que l’équitation elle-même ne saurait exister sans la recherche permanente d’améliorations de ses différentes facettes, qui vont de l’élevage à l’équipement en passant par le dressage, et d’autre part parce que nous savons via des récits épiques et illustrés, que la chevalerie lourde n’a eu de cesse d’évoluer depuis ses très lointains débuts jusqu’à son obsolescence.
Mais voilà, cette imagerie est assez fausse, ou tout au moins très rarement vérifiée. Dans les faits, les chevaux et leurs chevaliers étaient de taille assez moyenne et n’ont porté d’équipements complets que pendant une courte période de l’histoire, le bas Moyen-âge soit entre 1350 et 1500 et encore dans le cadre d’occasions précises.
Le fonctionnement d’une chevalerie lourde était assez complexe d’un point de vue logistique et similaire à celle d’une escouade blindée de nos jours.
Les chevaliers progressaient vers l’affrontement avec une équipe comportant des destriers allèges et des chevaux d’usage, dit coursiers, destinés au transport.
Les destriers étaient préparés de façon à n’être point épuisés avant leur tour de bataille. Il en allait de même pour leurs maîtres, qui ne revêtaient leurs armures lourdes qu’au moment propice.
Ainsi le travail sous pleine charge, des charges justement, ne pouvait durer plus de quelques minutes avant que le chevalier ne rentre au stand pour changer de monture.
Cette méthode, assez éloignée de l’idée la plus répandue par les légendes de chevaliers vivant en permanence dans la tôle, présente une vertu essentielle : ni les chevaux ni ceux qui les montent n’avaient besoin de qualités physiques exceptionnelles, leur vivacité et leur sens du combat s’avérant plus important que leurs musculatures ou leurs dimensions.
Les rôles se répartissant entre cavaliers moyennement protégés, les coursiers, qui assuraient la plus grande partie du travail et les destriers disposant de protections complètes, qui étaient là soit pour engager des combats singuliers, soit pour assurer une pénétration de fantassins ou éventuellement pour une confrontation avec la chevalerie lourde adverse.
Mais, plusieurs batailles, en particulier celles de Pavie, d’Azincourt et quelques autres montrent à l’évidence que la grande force de la cavalerie lourde s’estompe face à des archers de plus en plus puissants avant de devenir dérisoire face à l’arrivée de la poudre noire qui nourrit les bouches à feu, celle des gros canons comme des petites arquebuses.
La prise de conscience se fait aux alentours de 1500, certains monarques, pourtant férus d’exploits chevaleresques, tels que François 1er, se rendent à l’évidence : la protection individuelle, la lourde armure personnelle, sur mesure, est devenue un panier percé autant sur le plan militaire que financier.
Elle finira en objet de jeux violents pendant encore quelques décennies, vestige galopant d’une époque révolue, encore capable de tuer quelques rois en tournois avant de sombrer dans le spectacle et la nostalgie.
Le Retour des Cavaliers.
La chevalerie reste pour autant une arme prestigieuse, ne serait-ce que parce que sur le champ des nouvelles batailles, la mobilité retrouve un rôle qu’elle avait un peu perdu depuis près d’un millénaire, tout au moins en Europe.
Les souvenirs des troupes montées se déplaçant rapidement pour porter des coups de lances et de glaives, tels que les pratiquaient les Romains font l’objet d’études tactiques.
Les cavaleries Orientales n’ont jamais oublié ce genre de pratiques, les chevaux de l’Empire Ottoman sont vifs, virevoltants et âpres à l’effort. Ils servent de modèles aux Rois d’Espagne pour créer une approche alternative à la chevalerie lourde, avec des Barbes, montures fougueuses et pourtant obéissantes.
Une filière d’éducation, aussi bien équine que cavalière se met en place depuis l’Espagne, peu prolixe sur ses méthodes, jusqu’aux principales cours d’Europe qui vont, depuis l’Autriche jusqu’à l’Angleterre, en passant par la Pologne, la Hongrie, l’Allemagne et la France, investir dans la création d’écoles et d’Académies Royales.
Le point focal de cette révolution se situe en Italie et plus particulièrement à Naples où une collection de maîtres écuyers va créer des écoles, recevoir et former des élèves de toutes origines et surtout se répandre en conseils avis et méthodes par l’écrit, le dessin et les partitions, ce que leurs inspirateurs Ibériques ne faisaient pas volontiers.
Ferrare Fiaschi, Federico Grisone, Giambattista Pignatelli sont les plus célèbres, ceux qui ont joint les concepts d’une équitation tournée vers le brio évolutif aux considérations plus ou moins psychologiques du cheval, mais aussi du cavalier. Ils associent les figures à la musique et consignent ou font consigner leurs idées et jugements par écrit.
Pendant une relativement courte période, entre 1550 et 1620, toute l’Europe équestre vient se former dans ces écoles d’excellence. Parmi les plus célèbres coutumiers de Grisone, se trouve Antoine de Pluvinel qui sera ni plus ni moins que le grand ordonnateur de la chose équestre militaire du Royaume de France, le serviteur de trois Rois et formateur émérite de Louis XIII.
Il se passe alors quelque chose d’inattendu dans le positionnement social des « hommes de chevaux ». S’occuper d’écuries, de haras et d’écoles n’est plus considéré comme secondaire mais au contraire comme une manifestation de raffinement.
Le Bourrin Monte en Gamme.
Les palefreniers de basse extraction deviennent des éleveurs recherchés et les remueurs de crottin sont désormais considérés comme les précieux soigneurs de l’animal le plus noble qui soit !
Or donc, faisant fi des habitudes du passé, faites de bâtons, de cravaches et de liens tords, l’éducation des chevaux, tente globalement d’ajouter au panel de ses moyens, un peu plus de verbe et de caresses.
L’idée-force des maîtres Italiens s’impose peu à peu, le cheval mérite de l’attention et de la patience pour faire étal de ses plus merveilleuses dispositions. Ce qui fonctionne de façon assez efficace pour changer le comportement d’une part importante de cavalier, mais pas tous.
La brutalité et la coercition seront encore longtemps considérées comme des moyens rapides, efficace et économiques pour « casser un cheval ».
Il s’ensuit une séparation de fait entre le tout-venant rustique et aux performances médiocres et la création d’une élite de la monte qui se dénommera à raison la « haute école ».
A quoi cela servirait-il d’apprendre à exécuter devant les dames ou devant ses pairs, de magnifiques figures et tours, au milieu d’une basse-cour boueuse et dans une tenue de soudard ?
En devenant un art, l’équestre se doit de s’exprimer dans des lieux élégants et démonstratifs où pourront se faire voir les nouvelles qualités des équins et des humains.
La période post-renaissance coïncide ainsi avec la volonté de se montrer élégant en tout temps, donc à cheval et de démontrer les qualités de celui-ci. La danse et la diction font partie intégrante de l’éducation des corps d’élites. Leurs équivalents équestres sont le dressage et l’évolution gracieuse.
Des manèges sont construits au sein des écoles de guerre. Ils deviennent des lieux prisés, à l’architecture puissante et travaillée, que l’on montre et où il faut être vu.

Une course à l’armement
Les grandes armées d’Europe marchent au pas, au trot et au galop, pratiquent les mêmes exercices dans des lieux identiques. Les différences se font au niveau des sélections de montures, de quelques détails d’équipements et de la préférence marquée ou non pour l’exercice en plein air.
Cette convergence historique est, telle que nous pouvons l’interpréter, issue de l’inspiration puisée auprès de l’Ecole Espagnole et transmise par les maîtres de Naples.
Les plus brillants élèves passent quelques années sur place pour apprendre à monter, soigner, choisir les chevaux, identifier les meilleurs équipements, faire le tri entre des dizaines de mors, peaufiner leur maîtrise et finalement se montrer en mesure d’enseigner à leur tour, une fois de retour au pays.
Là, ils vont, à l’instar de Pluvinel, créer une école ou une académie qui diffusera sur place l’art de la haute école. Les élèves seront triés parmi des cavaliers déjà compétents, qui feront l’économie d’un séjour, pourtant envié, dans la belle ville de Naples, assez coûteuse car, disait-on, confortablement garnie en distractions de toutes sortes.
Dans les principales capitales d’Europe, des manèges couverts ou non sont installés. Ils ont les mêmes mensurations, en pieds et pouces, accueillent les mêmes agrès de dressage, des pylônes autour desquels seront attachés les chevaux pour l’exécution de certaines figures et s’ornent des mêmes décorations et marquages.
Malheureusement, alors qu’il aurait été facile à ce moment de l’histoire cavalière d’éditer un petit fascicule explicatif, les grands écuyers, fondateurs de belles écoles, appliquent ce qu’ils ont appris à Naples en reproduisant sans doute ce qu’ils y ont vu, mais sans s’être particulièrement enquis du pourquoi et du comment.
De ce fait, des explications locales vont s’appliquer, depuis les moins crédibles jusqu’aux plus fantaisistes.
Certaines nous informent que les lettres représentent des grades militaires, d’autres des positions d’armes ou encore les initiales des noms de chevaux ou de cavaliers célèbres.
Léonard de Vinci.
Sommes-nous alors en présence d’un code martial et secret ?
On peut en douter, parce que nous l’écrivons, au moins en Europe, depuis des centaines d’années, sur les murs de manèges fréquentés partout dans le petit monde équestre. On a déjà vu mieux comme cryptologie.
Nous pouvons donc exclure icniV aD odranoeL dans le rôle de l’instigateur. C’est un réflexe alimenté par une certaine littérature à sensation, qui en fait le suspect usuel. Tout ce qui est codé et ancien lui est attribué.
Nous lui devons de magnifiques dessins de chevaux, dotés d’observations morphologiques fines et inspirantes. Nous savons aussi qu’améliorer l’efficacité des armées de ses protecteurs était son dada.
Nous pensons toutefois que s’il s’était impliqué dans le dressage, il aurait légué moult esquisses et indications de sa senestre, dans un « Codex Equus » à lire en toute réflexion et dans un miroir. Le génie multi-talents n’est donc pas, sauf surprise, notre auteur.
Léonard de Vinci 1452-1519, artiste, scientifique, architecte, urbaniste, innovateur, ami des mécènes, génie universaliste et grand ordonnateur de spectacles et de plaisirs pyrotechniques. On ne saurait présenter en quelques mots celui dont la vie fut consacrée à tout envisager.

Carrousel du Roi Louis XIV- 1670
Chaque étalon (17 chevaux espagnols) avait sa place dans le manège. Les lettres correspondraient aux initiales de leurs noms descriptifs de leurs qualités, ou caractères ou défaut. Il existait ainsi un étalon appelé « le Charmant », il resterait à en trouver 16.

Les vaisseaux de ligne étaient une source d’inspiration, la proximité des dénominations est : on ne lésine pas dans le superlatif. Sachant qu’une escadre en ordre de combat peut se positionner en plusieurs lignes et que Poséidon est le protecteur des chevaux et des marins, la similitude aurait pu aboutir à créer un marquage d’équitation inspiré par la liste des navires de Sa Majesté ?
Jeune Royaume de Prusse – 1701.
La Prusse se présente comme dotée d’une tradition cavalière immémoriale et d’une compétence aiguë en matière de dressage, considérée comme l’activité d’excellence. Une hypothèse fait du grand manège de Königsberg, la capitale où le nouveau Roi se fait couronner en 1701, l’un des travaux majeurs des célébrations de l’avènement du Grand-Duché à celui de Royaume.
On ne pouvait être noble en Prusse sans être un grand cavalier, ce qui a fait passer l’idée que les lettres du manège à la Prussienne correspondaient aux titres que le Roi Frederick 1e octroya à ses fidèles. Ainsi ceux qui s’entraînent avec lui, trouvaient leurs chevaux aux pieds des initiales de leurs titres.

Ce placement est une possibilité crédible sous réserve de se persuader que ce petit royaume en formation ait pu jouir d’emblée d’une vaste réputation partout en Europe, au point que les grandes cours pratiquant des langues latines aient adopté des vocables germaniques sans aucune hésitation !
Outre ce doute abyssal, il existe quelques trous dans cette définition et si pour une fois le K et le V sont correctement pourvus, la ligne centrale, qui n’est pas imaginaire du tout, ne reçoit pas le nombre de mots idoines.
Napoléon et Les Maréchaux 1805.
Les lettres seraient les initiales des principaux collaborateurs de Napoléon Bonaparte, lui-même étant à la lettre E, comme Empereur.
S’il est vrai que les titres sont assez prestigieux, au point que La ville de Paris sera ceinturée de boulevards portant les noms de ces soldats cavaliers, on ne comprend pas comment d’autres pays auraient pu adopter une telle disposition, les souvenirs y étant attachés n’étant pas vraiment joyeux et motivant dans la plupart des cas.
Par ailleurs, ni la restauration ni la République n’ont vraiment fait l’éloge de ces personnages, tout au moins dans leurs débuts.
Il faudra attendre longtemps pour que s’efface les blessures et les drames au profit d’un romantisme guerrier exaltant cette période. De plus, il manque un nombre important de lettres que les prénoms des sœurs et des frères, voire des amies proches de Napoléon ne parviennent pas à occuper.

Le Grand Code de Cheval.
L’équitation normalisée est pourtant une pratique militaire nettement antérieure, presque aussi vieille que la guerre.
C’est un fait gravé dans la pierre et narré sur les parchemins. Les récits de batailles antiques mentionnent les chevaux, les cavaliers, les chars et les manœuvres. Les grandes conquêtes se font à cheval, les militaires méritants sont représentés sur leurs chars ou sur le dos de leur monture préférée.
Nous savons beaucoup de choses sur les méthodes anciennes de sélection et de dressage ainsi que sur les dispositifs encadrant ces actions de formations, mais pas assez sur leurs origines lointaines, si l’on excepte quelques mentions éparses.
Nous avons beau chercher, les livres sont imprécis et les tableaux lacunaires. Nous trouvons sous la fine couche d’information, la résistance du socle rocailleux des savoirs.
Que l’on lise dans :
Ferrare Fiaschi – Tratato Dell’Imbrigliare, Attegiare & Ferrare Cavalli 1566, ses riches appréciations sur la musique et les ballets équestres,
Grisone – Gli Ordini di Cavalere 1550 -,
Pluvinel – L’Ecurie de Sr Federico Grison -, Les récits de leçons de celui-ci – L’instruction du Roy en l’exercice de monter à cheval –
Ainsi qu’un grand nombre d’écrivains spécialisés, comme :
Pasquale Caracciolo 1566 « La Gloria del Cavallo »,
Le constat est similaire : le manège équestre est le meilleur lieu de formation qui soit.
Une fois que cela est connu, il reste à déterminer ses dimensions et ses caractéristiques remarquables telles que les indications fournies aux cavaliers pour exécuter leurs si belles figures.
Pour l’aspect général, le rectangle est plébiscité dès lors qu’il s’agit d’entraînement et de démonstrations. Il est aussi adopté par les carrousels où se joueront des tilts et joutes bien plus calmes et moins saignantes qu’au siècle précédent.
Les simulacres de batailles et les défilés élégants étalent la munificence de l’aristocratie équestre et sa parfaite coordination militaire, qu’elle ne manquera pas d’exercer lors des sanglantes guerres à venir.
L’Hypothèse de l’Evidence.
On ne sait dire ce qui est le plus impressionnant : qu’il existe autant d’explications aussi différentes pour un standard commun, ou bien qu’elles soient toutes particulièrement invraisemblables, incomplètes et le plus souvent anachroniques ?
Le problème est qu’aucune théorie ne nous semble cohérente surtout lorsque l’on cite les dispositifs Prussiens, Français ou Autrichiens, qui sont tous parcellaires, mélangent les siècles et les lieux et finalement comportent des trous béants dans leurs explications.
Le K et le X sont des problèmes difficiles à résoudre, surtout si’ l’on souhaite trouver une solution acceptable dans plusieurs langues Européennes telles que l’Anglais, l’Allemand, l’Espagnol, le Français et l’Italien et si possible le Polonais et le Flamand.
On ne voit pas trop comment une école aurait pu imposer sa suite de lettres aux autres. Et pourtant, toutes sont réputées utiliser la même séquence.
Un Partage Initial.
L’hypothèse commune est que la disposition que nous utilisons dépend d’une décision prise vers le XVIIe siècle, ou avant, par une grande école d’équitation d’Europe centrale formant des soldats d’élite. Satisfaite du résultat, elle présente ensuite ses bonnes méthodes à ses consœurs.
Cet acte de bonté et de camaraderie laisse dubitatif dans la mesure où les pays de l’Europe d’alors, particulièrement désunis, se vouaient tout ce que l’on veut à l’exception marquée de l’échange débonnaire d’aimables services éducatifs.
Si une école de formation de soldats avait pondu une solution parfaite, dotée d’un code mirifique capable de transformer ses plus maladroits débutants en centaures de compétition, elle n’aurait pas niaisement vendu et encore moins donné sa méthode.
Si cela avait été le cas, la moindre des courtoisies eut été de laisser un mode d’emploi.
Postulons un instant que l’arrangement et le choix des lettres ne sont pas le résultat d’un embrouillamini provoqué par des siècles de transformations à partir de ce qui était une série d’indications dirigées.
Autrement dit, nous n’avons pas de documentation parce que la disposition est limpide, rendant un écrit explicatif superflu.
Ce qui induit que les cavaliers du XVIIe siècle qui ont décrété les nouvelles règles de dressage et de monte aboutissant à la notion de « haute école », c’est-à-dire un ensemble d’experts Italiens, à Naples en particulier, n’ont pas inventé le manège, ils en ont repris la tradition ancestrale.

Ce qui induit que les cavaliers du XVIIe siècle qui ont décrété les nouvelles règles de dressage et de monte aboutissant à la notion de « haute école », c’est-à-dire un ensemble d’experts Italiens, à Naples en particulier, n’ont pas inventé le manège, ils en ont repris la tradition ancestrale.
Le plus étrange serait, si nous suivons cette piste séduisante, que le choix et la disposition des marques respecteraient une connaissance basique et universelle, celle de la signification primordiale des lettres de l’alphabet.
Pour le démontrer, nous allons, en remontant aux débuts de l’équitation et de l’écriture, explorer le mystère qui passionne les utilisatrices et utilisateurs de manèges, ainsi que de nombreux chevaux.
Il faudrait avoir l’esprit facétieux pour inventer et imposer cette succession de lettres dans n’importe quelle langue utilisant l’alphabet Latin. Or, il n’existe pas de remise en cause de cet agencement dans la longue littérature consacrée au dressage.
C’est comme si l’activité en elle-même était si prenante et si traditionnelle qu’il n’existe pas de place pour mettre en cause les fondamentaux que représentent les formes et le marquage venus, peut-être, du fond des âge

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