Pourquoi le Cheval ?

L’histoire de la domestication du cheval moderne débuterait, suivant les points de vue, entre –9000 et –8000 dans une région assez bien définie du Caucase et entre – 87 258,4 et – 10 372 selon certains scénaristes de Hollywood.
Si l’on se fie à ce que nous apprennent les peintures rupestres, en particulier en Europe centrale et de l’Ouest, la connaissance du cheval en tant qu’espèce est ancienne.
Dans la grotte Chauvet, – 32 000 ans, ou sur les parois des cavités de Lascaux, entre – 21 000 et – 19 000 ans, figurent distinctement les représentations d’équidés. Ils sont très différenciés des autres animaux et on les retrouve en nombre.
À Lascaux, la plus grande fresque peinte est nommée la « salle des taureaux ». Elle s’appellerait tout aussi bien la « salle des chevaux » tant ceux-ci sont omniprésents, détaillés et présentés de façon très vivante.
On pourrait extrapoler et se dire que, si l’homme et la femme dessinent si bien plusieurs espèces, c’est parce que celles-ci sont à courte distance.
La promiscuité physique est, dès cette période artistique primaire, d’une grande aide pour mémoriser les formes et les attitudes. Les animaux sont ressemblants au point qu’ils semblent prendre la pose.

Nous pourrions en conclure qu’ils étaient déjà familiarisés et presque domestiqués.
Ce n’est pas aussi limpide, les sujets illustrés sur les parois des grottes en étaient sans doute encore au stade de fuir à la moindre vue d’un pagne en peau de bête, d’une massue, voire d’un épieu au bout noirci, car ils paraissent désireux de fuir ce qui ressemble à des actions de chasses.

  1. Pourquoi le Cheval ?
  2. Une Polyvalence Très Convoitée.
  3. Pourquoi Le Rapprochement ?
  4. Cohabitation Mutuellement Intéressée.
  5. Equin Sauvage & Poney Docile.
  6. Pourquoi Le Manège ?
  7. Sur le même Thème

Une Polyvalence Très Convoitée.

On peut être d’accord pour dire qu’un animal poursuivi et figurant au menu n’est pas totalement domestiqué. Non, pour franchir cette limite, il faut qu’il soit capturé, élevé, engraissé et abattu, puis enfin mis au menu.
Cette nuance de taille bénéficiera avant tout à l’humain, qui va progressivement moins courir pour obtenir le même résultat nutritif. On se demande ce que gagnèrent les espèces qui établirent dès l’époque préhistorique un long cheminement de confiance avec leurs chasseurs devenus éleveurs, dans l’espoir, vain jusqu’à présent, d’éviter de passer au gril.
La domestication fut longue et sans doute pénible à s’installer, douloureuse aussi. Elle a raisonnablement réussi entre l’ère de l’art rupestre, – 40 000 ans pour laquelle nous n’avons que quelques traces gravées et celle de l’âge du bronze, – 3500 ans qui est abondamment documentée.
Entre-temps, la plupart des animaux intéressant nos ancêtres nomades ou sédentaires, sont progressivement passés de la liste des : « on court après », à celle des : « on les sort de leur abris ».

Tel fut le sort des compagnons d’enclos de nos équins : ovins, bovins, caprins, porcins, lapins, sans oublier ceux que l’on ne mange pas systématiquement, les canidés et les félidés.
Ces grands changements relationnels ce sont accompagnés d’évolutions physiques, par sélection ou modifications des rythmes de vie. Et cela ne s’observe pas exclusivement chez les animaux terrestres : certains oiseaux entrés en servitude sont devenus si fatalistes qu’ils ont renoncé à voler.

Pourquoi Le Rapprochement ?

Le cheval est la plus belle conquête de l’homme, le porteur d’un événement fondamental de notre civilisation : le transport. Il autorise la projection à moyenne distance non seulement de quelques personnes, mais au fur et à mesure de l’évolution, de tribus complètes, avec armes et bagages.
Qu’il s’agisse d’une transhumance, d’une longue chasse ou d’une visite aux voisins, cela se fera grâce au cheval, sans fatigue, ou presque. Il est fort regrettable que nous n’ayons pas gardé le souvenir de la date exacte, ni du lieu précis marquant cette brillante réussite. Les témoignages d’époque sont rares et contestés, étant pour la plupart basés sur l’observation d’ossements dans des restes de foyers.
Il est possible que la première phase de familiarisation entre les équins et les humains se soit faite à partir de – 12 000 et qu’un lent processus ait débouché, vers – 8 000, à une communauté de vie flagrante.

L’ancêtre de nos chevaux s’est senti protégé par l’humain, lequel était moins violent qu’un tigre à dent de sabres ou que des meutes de loups, l’équin aurait accepté la présence de clôture et autorisé un début de sélection et d’élevage. La grande découverte des proto-cavaliers est celle de la capacité d’un cheval à apprendre de l’humain et à se souvenir, même si l’idée même du dressage est antérieure. Elle a par exemple concerné les canidés, qui apprécient de se voir confier des rôles et donc des instructions précises.

Certaines grosses bêtes y sont réceptives, mais le cheval est très impressionnant dans l’exercice de son aptitude à réagir avec précision aux commandes, nombreuses et variées, qui lui sont communiquées.
L’utilisation du cheval en tant que monture, aura demandé des centaines d’années de patience aux anciens Caucasiens, auxquels on en adjuge le mérite, pour faire passer l’animal, grégaire et naturellement fuyant, au statut d’animal toujours grégaire mais acceptant les licols et autres sangles.
Cela en valait manifestement la peine, car le cheval, très polyvalent, est l’impeccable outil et moteur de la projection de l’humanité. Il peut tirer de lourdes charges, remorquer des rondins, des traîneaux, des travois, des socs puis des chars, tout est une question d’équipement.

  1. Pourquoi le Cheval ?
  2. Une Polyvalence Très Convoitée.
  3. Pourquoi Le Rapprochement ?
  4. Cohabitation Mutuellement Intéressée.
  5. Equin Sauvage & Poney Docile.
  6. Pourquoi Le Manège ?
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Cohabitation Mutuellement Intéressée.

L’être humain étant irrésistiblement désireux de faire de nouvelles rencontres, pour s’en approprier les territoires et les biens, il s’est trouvé une belle collection d’entreprenants pour faire du cheval le complice idéal d’aventures souvent dévastatrices.
Pour cela, il fallait constituer des groupes organisés, capables de se battre de façon coordonnée, ce qui impliquait, pour les tribus conquérantes, que n’importe quel cavalier devait pouvoir monter et diriger, n’importe quel cheval ayant suivi la formation.
La piste Guerrière est la plus sûre, les écoles d’équitation sont nées ainsi.
Dès que le cheval fut déclaré apte à se battre, il y a fort à parier que l’enseignement s’est rapidement, disons quelques siècles, normalisé. Cela doit être ancien, car les conflits engageant des cavaleries sont aussi vieux que la notion de guerre de mouvement organisée.
Les instigateurs sont à chercher du côté des civilisations qui ont traversé de larges étendues de terre pour s’imposer à leurs voisines.
Les plus actives furent celles des Perses, des Égyptiens, des Grecs, des Romains, si l’on se contente de regarder l’antiquité la mieux documentée.
N’excluons pas les équitations de guerre Orientales, Chinoises ou Mongoles. Mais comme notre propos est de retrouver le marquage en lettres et non en idéogrammes, nous ne développerons pas cet intéressant sujet.
Sun Szu explicite son point de vue dans « L’art de la guerre », il recommande aux généraux de privilégier la mobilité pour la cavalerie et la protection pour les troupes à pied.

On observera que ni les Huns, ni les Mongols ne s’embarrassent d’armures lourdes. Du cuir, un gilet en plaques de fer fines ou de papier épais est considéré comme suffisant. Tout est affaire de terrain, qui conditionne ou non la vitesse.
En quelques millénaires, les formes générales des équidés familiers ont connu des différenciations, en particulier un affinage général de la silhouette combinée avec une augmentation de la taille. Les travaux des « paléo-hippologistes » nous permettent de reconnaître les résultats des sélections et des spécialisations qu’entreprenaient les humains.
Des différences morphologiques s’observent chez les chevaux accompagnant certaines sociétés cavalières dès l’âge du bronze, démontrant que nos ancêtres accoutumaient leurs équidés à leurs propres habitats, leur climat, la nature du terrain, leurs habitudes et besoins.

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  2. Une Polyvalence Très Convoitée.
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  4. Cohabitation Mutuellement Intéressée.
  5. Equin Sauvage & Poney Docile.
  6. Pourquoi Le Manège ?
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Equin Sauvage & Poney Docile.

Il a été trouvé des traces convaincantes de modelage volontaire de variétés de chevaux, dans une région bien cernée du Caucase.
Certaines tribus, très mobiles en raison de leurs compétences équestres, ont essaimé depuis leurs foyers, dans toutes les directions, propageant ce qui semble être un bon début de la « culture du cheval » vers l’Europe, la Mésopotamie et l’Orient, le Kazakhstan.
Cela ne s’est pas fait à la vitesse d’un cheval au galop, plutôt au pas. Il s’agit d’un phénomène pluri millénaire pendant lequel il n’était pas utile d’être pressé.
Le mystère ne réside pas dans le progrès de l’équidé comme ami et vecteur de transport polyvalent, mais plutôt dans la constatation que certaines parties des terres habitées et en cours de civilisation se sont développées sans chevaux.
C’est sur ce genre de problématique que nous abordons la présence de barrières naturelles, soit des obstacles physiques de telles intensités et dimensions, qu’il serait très optimiste de les affronter sans une longue préparation et surtout sans les bons outils.
Océans agités, déserts torrides et interminables, chaînes montagneuses escarpées, banquises frigorifiques, volcans cracheurs de feux, forêts et brousses infestées de bêtes aux dentitions puissantes et aux caractères neurasthéniques, nos ancêtres n’ont pas manqué d’occupation pendant leurs pérégrinations.
On comprend pourquoi ils avaient tendance à se sédentariser lorsqu’ils découvraient des lieux accueillants, modérément dangereux et correctement pourvus en nourriture accessible, dont l’herbe.

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Pourquoi Le Manège ?

Le manège se définit comme le lieu de « dressage » des cavaliers et « d’éducation » des chevaux. L’inverse se vérifie parfois.
Peu de moments dans l’équitation de loisirs se déroulent hors d’un manège. Les balades, les compétitions, les sports équestres, se préparent avec lui. Il est le lieu de convergence entre deux besoins d’apprentissages, celui des humains, assez long et laborieux et celui des équins, rapide et facile.
Quelles que soient les ambitions, tous les progrès, toutes les découvertes et les réussites, se travaillent au manège. Il est le centre névralgique de la pratique en milieu contrôlé, puisque, outre les reprises, on peut y exercer l’instruction des différentes allures et des sauts.
Il est la classe de grammaire, d’orthographe et de syntaxe (Et aussi la cour de récréation), qui permet, à force de patience, de développer cette belle osmose entre l’humain et l’équin, si élégante et complète, que leurs mouvements les feront passer pour un seul être.
Et éviter de se cogner dans les parois ou de se mettre à terre, par manque de compréhension mutuelle. Le travail au manège est primordial et salutaire, l’osmose et l’élégance étant des options à long terme.

Ces classes d’écoles pour petits et grands présentent des formes qui permettent aux élèves, quels que soient leurs nombres de pattes et leurs vitesses d’exécution, de rester à portée de la voix puissante de la force d’enseignement.
Depuis la maternelle aux laboratoires des facs, toutes les salles éducatives possèdent des repères matériels, ainsi que des formes et dispositions adaptées à ce que l’on y apprend.
Pour le manège équestre, ce sont principalement les lettres qui servent aux entités mobiles à se situer et à se déplacer.
Que l’on se comprenne bien, nous sommes en présence d’un mystère dont la résolution ne va pas, sauf surprise, bouleverser notre façon de pratiquer l’équitation.
Elle peut simplement nous faire voir les choses avec un regard renouvelé sur les traditions et les méthodes de dressage, en nous dévoilant une couche de connaissances historiques sur les cavales d’autrefois.
Nous avons deux pistes à suivre, celle des marques du manège et celle de son utilisation. Pour suivre des premières, il faut comprendre d’où elles viennent, comment elles ont évolué et surtout ce qu’elles veulent dire.

  1. Pourquoi le Cheval ?
  2. Une Polyvalence Très Convoitée.
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  4. Cohabitation Mutuellement Intéressée.
  5. Equin Sauvage & Poney Docile.
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