L’Étonnante Marelle Antique.

Une fois que l’on associe les signes hiéroglyphiques avec leurs propriétaires divins, il devient possible de les placer en fonction de ce que la marelle équestre nous propose.
Sa forme et ses dispositions prennent du sens car elle exprime clairement les croyances fondamentales Égyptienne, désigne ses personnages principaux et raconte aussi leurs rôles et interactions.

Sans marelle nous avons une simple liste de signes pratiques, avec elle nous avons un mode d’emploi et nous pouvons en admirer la cohérence. Encore plus étonnant, le manège équestre contemporain incorpore la quasi-totalité des ancêtres des lettres qu’utilisent quotidiennement des milliards d’humains.
Et il faut reconnaître qu’aucune autre explication de sa disposition ne répond totalement aux questions que nous nous posions au début de l’enquête.

La double finalité d’outil de formation et de lieu spirituel répond à la question de base : qu’est-ce que c’est ?
Ce n’est qu’un début. Le manège équestre Égyptien nous pose encore quelques questions : pourquoi l’avoir créé, qui l’a commis, quand le pensa-t-on et enfin où a-t-il été réalisé ?
Ce que nous recherchons, à défaut d’une nomenclature des constructions remarquables nous indiquant « ici l’on trouve le premier manège équestre de la nième dynastie », est un faisceau de présomptions mêlant les besoins, les capacités et les qualifications nécessaires, pendant une période de quelques centaines d’années.
C’est donc par une analyse des besoins que nous pouvons commencer, sachant que le manège est contemporain à l’introduction des chevaux en Égypte et forcément antérieur à la reconquête de l’ensemble de son territoire.

  1. L’Étonnante Marelle Antique.
  2. La Puissance du Sud.
  3. Le Char Eclair.
  4. Du besoin au projet.
  5. La Base Secrète de Phaminott.
  6. Le moment propice.
  7. Sur le même thème

La Puissance du Sud.

Les suspects sont tout trouvés : comme créateurs d’une vaste école de cavalerie, les Antes, famille royale de la Haute-Égypte de l’époque dite du Nouvel Empire ont tout pour nous plaire.
Ils composent une lignée nombreuse, guerrière, volontaire et surtout Pharaonique. Historiquement, elle marque la fin de la 17e puis le commencement de la 18e dynastie suivant une continuité exceptionnelle, les changements de numérotation induisant normalement la disparition d’une famille au bénéfice de la suivante.
Ses personnages les plus éminents sont des Pharaons successifs : le grand-père Senakhtenrê Lâhmes, le père Seqenenrê Tâa et ses fils Khamôsis et Ahmôsis 1er, déjà cité comme étant le premier Pharaon « équestre » illustré.
A eux tous, ils forment la lignée des combattants ayant réuni la Haute et la Basse Égypte, en se battant longue-ment contre les Hyksôs, ces usurpateurs cavaliers qui s’étaient emparés de la Basse-Egypte près d’un siècle plus tôt.
Cependant, si ces rois sont importants, leurs reines le sont encore plus, qu’il s’agisse de la grand-mère Tétishéri, d’extraction de basse aristocratie, de sa fille Iahotep, qui épouse son frère Seqenenrê Tâa et de la petite fille Nefertary l’une des sœurs qu’épouse Ahmôsis.
Elles sont, chacune d’entre elles, extraordinaires de par leurs influences comme sœurs, épouses, régentes et souveraines successives.
Cela se remarque d’ailleurs dans les titres et honneurs qui leur sont attribués autant de leur vivant qu’après : reines, épouses royales, grandes épouses royales et enfin épouse de dieu , le grade le plus élevé à ce jour.
La grand-mère, la fille et la petite fille bénéficient de du-rées de vies bien plus longues que celle de leurs rois et époux. Ainsi, elles incarnent la continuité du plan d’unification de l’Égypte et de sa réussite, émaillée de nombreux drames et de quelques échecs.
Et surtout, du point de vue qui nous intéresse, elles sont sans aucun doute à la source, avec leurs Pharaons de ma-ris et de fils, du grand changement des armées du sud de l’Égypte : l’adoption de l’arme cavalière.
Ce qui nous ramène vers l’an -1650. Après l’installation de la 17e dynastie dont les premiers Pharaons, les prédécesseurs de Senakhtenrê Lâhmes et Tétishéri, se sont imposés par la force, la négociation ou la prévarication.
Ils ont su en finir avec le long émiettement de pouvoirs qui rendait leur région si faible. S’imposant aux autres grandes familles aristocratiques, ils recommencent, un demi-millénaire après les grandes pyramides, à construire en grand et à aménager de nouvelles cités, dont Ouasset qu’ils organisent en cour régionale.
Lorsque des groupes voisins ne se battent plus entre eux et que la prospérité revient, il faut trouver un objectif commun, aiguiser les appétits politiques et promettre de nouvelles richesses à répartir.
Batailleurs et conquérants, puissants et organisés, les Antes, unificateurs du Sud sont intéressés par ce qui laisse des traces, surtout si elles sont graphiques et à leur gloire.

  1. L’Étonnante Marelle Antique.
  2. La Puissance du Sud.
  3. Le Char Eclair.
  4. Du besoin au projet.
  5. La Base Secrète de Phaminott.
  6. Le moment propice.
  7. Sur le même thème

Le Char Eclair.

La présentation la plus ancienne d’une action marquante d’une armée Égyptienne d’importance incluant un gros effort de cavalerie, serait donc celle de Pharaon Ahmôsis 1er . C’est au conditionnel, en Egyptologie, les certitudes du jour peuvent être balayées avec les poussières des fouilles du lendemain
Il se fait figurer sur son char, menant ses armées au com-bat et au triomphe alors qu’il chasse les Hyksôs de la Basse-Egypte. Il leur en veut personnellement car il n’oublie pas que ceux-ci ont assassiné son père.
Son ambition à moyen terme est de poursuivre l’unification des « deux terres » en un seul grand pays et d’en devenir le roi absolu. Pour cela, il s’empare d’abord du Royaume de Koush au sud, afin d’étendre son influence vers l’Afrique.
Les récits de ses guerres et de ses triomphes le présentent comme fulgurant, doté d’une vitesse et d’une coordination irrépressibles.
Les chars comportaient des équipages de deux personnes. Le grand roi, immortel descendant d’Osiris est l’archer jouxtant son aurige. Ce dernier était un soldat professionnel bien entraîné et payé auquel l’on confiait la vie du pharaon, ce qui suppose qu’il en était aussi un garde proche.
Toutefois, pour des raisons de propagande, le Pharaon combattant est souvent illustré seul, contrôlant ses chevaux à l’aide de ses hanches tout en tirant à l’arc. Une démonstration éclatante de ses dispositions surhumaines.
Ahmôsis 1er aurait pu se faire représenter comme le bon stratège qu’il était, un général donnant des ordres. Il préfère se montrer prenant des risques debout, son arc tendu, ses chevaux fringants. Un choix qui est peut-être attribuable à ses biographes, car il est ainsi plus facile de lui faire arborer les ornements de la royauté conquérante.

Les chars sont à la mode dès ce moment comme l’arme cavalière des rejetons de la haute aristocratie. Elle leur permet de se présenter à leur avantage devant le Roi et d’honorer leurs familles.

Les équipages sont aussi les plus acclamés lors des triomphes, qu’il y ait eu engagement ou pas. Une célébration qui se vérifiera jusqu’à la fin de l’Empire romain, plus de deux millénaires plus tard.
Le char est donc mené par deux personnes et dispose de carquois et de porte lances. Rouler sur l’ennemi est une option gratuite. Il n’est pas parfait pour autant, sa largeur est limitante et il ne peut pas faire grand-chose dans les petites agglomérations.
Ce terrain-là est favorable aux cavaliers montés, soldats de classes inférieures à la moindre capacité d’emport qu’ils compensent par une agilité supérieure. Un cavalier utilise des armes de poing, celles de l’infanterie, lance comprise.
En combat rapproché le cheval octroie des avantages : une certaine hauteur de vue et de percussion, une masse mobile utilisable et une aptitude à changer de direction vivement sans gêner ses homologues, le fruit d’un long entraînement.

  1. L’Étonnante Marelle Antique.
  2. La Puissance du Sud.
  3. Le Char Eclair.
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  5. La Base Secrète de Phaminott.
  6. Le moment propice.
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Du besoin au projet.

La technicité acquise par la cavalerie de Haute Égypte est suffisante pour balayer, d’après les récits, une armée Hyksôs présentée comme expérimentée.
Les guerres entre les Égyptiens et les Hyksôs se déroulent pendant plusieurs décennies, à partir de – 1 650 et jusqu’à ce que Ahmôsis 1er, jeune prince héritier longtemps régi par sa mère et sa grand-mère, puis souverain actif, ne défasse les « étrangers » vers – 1 540.
C’est une époque assez confuse, d’où il ressort que les Égyptiens ont gagné et que les Hyksôs sont partis. Un grand soldat Égyptien couvert d’honneurs et d’or pour sa vie guerrière raconte dans ses mémoires avoir suivi Pharaon sur son char, ce qui en fait la première mention explicite de cette arme.
Ce que nous en percevons est que le rapport des forces équestres a basculé militairement en faveur des Égyptiens, vraisemblablement pour deux raisons :
• Un effort d’investissement pour se doter de chevaux, de chars, d’équipement et de soldats d’élite.
• La normalisation de la formation, qui détermine les caractéristiques de l’intense entraînement des cavaliers.
Toutefois, ce n’est pas Ahmôsis 1er qui a créé et développé l’arme cavalière. Il l’a bien utilisé, poursuivant l’œuvre de son prédécesseur immédiat. L’oncle Khamôsis, frère de Seqenenrê Tâa, tué par le roi Hyksôs, avait lui-même hérité des efforts entrepris avant lui.
L’origine de la cavalerie de Haute-Egypte est ainsi attribuable au fameux couple composé du souverain Senakhtenrê Lâhmes et de l’extraordinaire Tétishéri, grande épouse royale, reine, régente, inspiratrice et tacticienne de la famille des Antes pendant près de 50 ans.

Ayant compris le pourquoi et le où, la réponse à « quand fut construit le manège ? » coule de source : lorsqu’il fut opportun de le faire !
Ce qui ne risque pas de nous donner une date au jour près, sauf à trouver un décret, une sculpture ou un ensemble de hiéroglyphes nous disant que tel Pharaon a décidé de bâtir un espace d’entraînement pour ses chars de combats.
Afin que la cavalerie devienne l’arme d’élite de la Haute-Égypte, il a bien fallu un événement fondateur, qui s’est indubitablement passé de la façon suivante :
Lors d’une réunion de stratégie, dont le thème est « comment nous débarrasser des gêneurs ? », le grand couple royal, nous allons proposer Senakhtenrê Lâhmes et son épouse Tétishéri, décident de se doter de l’arme cavalière.
Pour cela il leur faut former les participants équins et humains à un niveau d’excellence qui surpassera celui des « envahisseurs du Nord ». Pour en avoir pour son or, il ou elle décide de faire les choses « à l’Égyptienne », en grand et en construisant un endroit dédié défini comme centre de formation.

Il y aura des écuries, des ateliers de productions d’équipements et d’armes, des stockages de fourrages, des casernements, des artisans, des soldats et des cuisiniers, des scribes et des médecins polyvalents, capables de soigner les chevaux et de panser les humains.
Et de grands espaces contrôlés pour former les équipages aux charges et aux combats coordonnés.

Pour l’acquisition des compétences et des chevaux, Pharaon recourt à la méthode classique, il embauchera des mercenaires, fera venir leur famille des meilleurs éléments et les transformera peu à peu en Egyptiens fidèles et reconnaissants.
Les Hyksôs, fortement inspirés par les Assyriens, sont arrivés un siècle auparavant, dans une Basse-Egypte en déliquescence, avec les chevaux et les chars. Il faudra les observer, apprendre, reconnaître leurs forces et déterminer leurs faiblesses pour mieux les étouffer.
Pharaon sait que du temps, plusieurs générations sans doute, sera nécessaire pour sélectionner et éduquer les chevaux, mais comme l’Égypte est éternelle, aucun besoin de se précipiter, il ne faut pas brader l’avenir.

  1. L’Étonnante Marelle Antique.
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La Base Secrète de Phaminott.

L’affaire restera confidentielle, pour ne pas être alarmante. Cette grande école sera la plus éloignée possible de la frontière avec les adversaires du Nord, sans être trop proche de ceux du Sud.

Pour la forme au sol, c’est simple. Il faut deux lignes droites, deux grands virages et une surface libre. Pharaon décide que la forme du cartouche royal est idéale, parce que les chars ne tournent pas bien et que les chevaux ont la croupe opulente.

De plus, cette forme est la marque de la magnificence sacrée, une façon d’attester qui paye tout. Vaste, cet outil va être pourvu de marques pour le rythmer. Une décoration riche et détaillée honorera les divinités essentielles.
Cela s’impose comme une évidence, il faut faire dans le sérieux, l’impressionnant et le culturellement correct.
Il se trouve pourtant un esprit original pour demander « oh Grand Roi, pourrons-nous faire la course dans ce cartouche géant ? ».
Pharaon est pris au dépourvu. Comment peut-on imaginer transformer un lieu sacré d’éducation à la guerre en un circuit de loisir ?
Sentant venir une réponse tranchante, le courtisan ajoute : « Nous ferons payer l’entrée et ces courses seront organisées en hommage à ta grandeur ». Le couperet s’éloigne et Pharaon trouve que l’idée, dorénavant la sienne, est bonne. Il vote le budget et exige que tout soit majestueux et bien claquant avec un obélisque de bonne tenue, pile au centre.

Le moment propice.

Cela s’est passé au mitan du dix-septième jour de Phaminott, en plein Peret. L’inauguration est décidée pour le 1er Thôt, en – 1 585 avant notre ère. On est subjugué de constater à quel point ce chiffre tombe rond.
Pour notre histoire, il n’est pas plus faux qu’un autre. Il se situe à la fin de la période dite du Moyen Empire qui s’est caractérisée deux cents ans plus tôt par l’unification partielle du pays et la mise en place d’un pouvoir pérenne à Ouasset.
Cette reconstruction politique et économique de la Haute-Egypte termine la « seconde période intermédiaire » pendant laquelle les Pharaons Antes se dotent d’un complexe militaro-industriel.
Ils développent des chars assez légers et solides, avec des roues à six ou huit rayons plus légères et résistantes que celles des modèles précédents. Les unités d’attaque sont pensées pour aller vite sur des terrains plats à l’encontre d’ennemis lourds et nombreux, considérés comme moins vifs.

On ne sait pas grand-chose des relations intellectuelles et culturelles entretenues entre les « envahisseurs étrangers » du Nord et les habitants de Ouasset, à part ce que ces derniers ont écrit sur les premiers après les avoir éjectés des villes du Delta du Nil, au cours d’une longue série de sièges.
Il en ressort que les Hyksôs n’étaient pas fréquentables. Indignes du moindre intérêt, ils avaient été incapables de se civiliser. La partie du peuple Égyptien tombé sous leur férule ne leur trouvait aucun charme et ne les regrettait en aucune façon.
La légende racontée par des kilomètres de hiéroglyphes chante les victoires de la lignée de Ahmôsis 1er. Ce qui nous enseigne deux choses :
• La première est connue. L’histoire est rédigée par les vainqueurs et à leur gloire, surtout si les vaincus ne savent pas écrire.
• La seconde, plus édifiante est que la culture équestre d’importation fera florès dans les écuries des Pharaons et sur tous les supports de présentation de leur puissance guerrière.

  1. L’Étonnante Marelle Antique.
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  6. Le moment propice.
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