1 L’alphabet par le peuple et pour le peuple

Au fait ! En quoi est-ce intéressant ?
Après tout, l’alphabet est une suite graphique aussi connue et banalisée que le nom des couleurs ou la signalisation routière.
L’ordre alphabétique est une norme sévère, une loi incontestée. Nous utilisons d’ailleurs de terme « police » pour définir les caractéristiques graphiques d’une écriture.
Cette conformité ne nous empêche pas de créer chaque jour de nouvelles façons de calligraphier, discipline artistique majeure, pour nous en servir d’enluminures, logos et signes de reconnaissance.

  1. Construire Un Alphabet.
    1. Ce Qui Fait un Alphabet
    2. L’oral étant la base, il faut le reproduire.
    3. Les accents de la diversité
    4. La formation des caractères
    5. Un Système Imparfait.

Sensation unique, nous savons que notre mode d’expression est partagé par une bonne partie de la Planète. Des milliards d’êtres humains utilisent un alphabet, dont nous ne comprenons pourtant ni la langue ni même l’écriture.
En explorant ce que nous avons en commun, nous allons chercher la souche unique de tous les alphabets, l’équivalent du tronçon d’ADN culturel d’un très grand nombre.
Identifier les « Adam et Ève » de nos lettres nous permettra de connaître les racines partagées, nous aidera à affiner notre vision de certaines périodes de l’histoire et, pourquoi pas, nous facilitera la lecture des écritures parentes.

Construire Un Alphabet.

Voici une activité épanouissante qui va de l’amusement enfantin jusqu’au projet de cryptologie le plus complexe et réciproquement. Comme l’objet de notre quête est à l’origine assez ludique, nous allons nous amuser à pister les traces que nous ont laissées nos prédécesseurs, qui dessinaient d’élégantes volutes sur la pierre, le papyrus, le parchemin, la peau et le papier. Par exemple, l’alphabet Latin moderne de base, pour une police de caractères simple, sans effets, va se présenter de la façon suivante.

Ce Qui Fait un Alphabet

Ce n’est pas compliqué. C’est une liste de lettres qui sont utilisées afin d’assembler des objets que nous pouvons assez bien comprendre pour les lire, les parler ou les chanter. Il s’agit d’un moyen de communication artificiel complétant les moyens naturels
Nous comprenons qu’un alphabet est un code et que son objet principal est de fabriquer des messages. Il faut que l’émission et la réception se fassent sans dégradation des significations, ce qui implique que des critères logiques doivent être respectés.
Il est composé de signes distincts.
Ces signes sont en nombre limité.
La collection est définie et immuable, ou presque.
Les lettres sont accolées pour former des éléments prononçables, les syllabes.
Les syllabes sont assemblées afin de former des mots plus ou moins complexes.
On doit comprendre où commence et où s’arrête un mot.
Un même alphabet peut servir à l’expression de langages distincts.
C’est là que ce bel ordonnancement dérape, car si un alphabet sert de base commune à des langues différentes, chacune d’entre elle a ses propres besoins.
Pour respecter les prononciations il peut être nécessaire d’ajouter des caractères d’accentuations.
Si cela ne suffit pas, on ajoute des signes spécifiques.
Quand une langue le nécessite, elle utilise une lettre pour une autre ou crée ses propres signes.
Il ne s’agit pas de simples détails d’adaptation car à la fin, il est utile de connaître l’histoire d’une langue pour en comprendre l’alphabet, même si celui-ci provient de la même souche que la nôtre.

Pages: 1 2 3 4