L’oral étant la base, il faut le reproduire.

Ainsi, ce qui au départ est une idée unificatrice et simple se termine par un embrouillamini de codes plus ou moins explicites.
Par exemple, partons d’une liste de base des minuscules : Pour les besoins de la prononciation de quelques langues l’utilisant, nous allons développer des variations plus ou moins discrètes, ici de façon non exhaustive. Les accentuations concernent surtout les voyelles, qui sont en nombre restreint dans les alphabets anciens. Les accents ajoutés donnent beaucoup de souplesse à une solution assez limitée de prime abord.
Il faut se souvenir que parmi nos ancêtres, rares étaient ceux qui écrivaient il y a 3 000 ans et ils n’utilisaient pas d’accents et très peu de voyelles !
Les accents de la diversité
Cela n’a pas gêné les locuteurs des langues archaïques pendant des milliers d’années. Ils savaient comment et où placer les sons et les accents nécessaires.
Ce qui nous démontre que l’oral primait sur l’écrit, ou plus précisément que celles et ceux qui savaient lire et écrire n’étaient pas en nombre si important qu’il faille compléter ou modifier les jeux de lettres pour les rendre accessibles.
Les écrits, rares et précieux, se comprenaient de la même façon dans des communautés séparées les unes des autres, jusqu’à ce que le développement de cultures locales, dans les villes et les régions prospères aient peu à peu défini des dérivées linguistiques et formé les accents, en prononciation, puis en écriture !
Il a été décidé par les locuteurs locaux qu’il valait mieux agrémenter les alphabets que de laisser les régions modifier les écritures de certains mots. Peine perdue, nous avons hérité des deux, les variantes et les accents.
Et après quelques siècles des gens qui parlent la même langue finissent par avoir du mal à se comprendre, un phénomène récurent, motif d’amusement, mais aussi parfois d’ostracisme.
Il est alors temps de fixer des règles, de créer un nouvel alphabet, ou d’amender celui qui existe, vecteur support de la bonne communication entre contrées disparates.
Pour suivre une telle évolution il devient nécessaire de réunir en conseil, conclave ou symposium les plus érudits afin de fixer les tendances, mais cela ne se fait pas très souvent.
Ainsi, la dernière grande réforme de l’alphabet latin, qui introduit des lettres complémentaires, se fait vers + 300, lorsque le Monde Romain est le plus étendu géographiquement et ethniquement.

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